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Le basket français adapte sa stratégie face à l’exode des jeunes vers la NCAA

Au terme de la saison 2024-2025, le basket français assistait à une intensification du départ de ses jeunes joueurs prometteurs vers les universités américaines. Cette tendance s’est accentuée lors de l’année suivante, portée par l’attractivité financière qu’offre le système de rémunération NIL (Name, Image and Likeness) aux étudiants-athlètes.

Le basket français adapte sa stratégie face à l’exode des jeunes vers la NCAA
Illustration for the article Le basket français adapte sa stratégie face à l’exode des jeunes vers la NCAA (c) FABB Algérie

Face à ce mouvement massif, les institutions françaises de basket, la Fédération française de basketball (FFBB) et la Ligue nationale de basket (LNB), ont revu leur stratégie : plutôt que de lutter contre cet exode, elles s’attachent désormais à structurer l’accompagnement de ces talents à l’étranger.

Les chiffres illustrent l’ampleur du phénomène : près de 100 joueurs français évoluent en NCAA masculine pour la saison 2026-2027, contre 71 l’an passé, et une soixantaine de joueuses françaises sont également recensées en première division universitaire américaine. Les départs concernent désormais aussi bien des joueurs à fort potentiel, déjà intégrés au niveau professionnel, que de jeunes en quête d’expérience ou de temps de jeu supplémentaire.

Ce contexte pose un défi majeur aux clubs formateurs français, qui investissent dans leur formation sans garantie de compensation lors du recrutement de leurs jeunes par les universités américaines. Par ailleurs, avec la NCAA devenue concurrente sur le plan économique grâce au NIL, les clubs français et européens ont de plus en plus de mal à rivaliser avec l’attractivité du basket universitaire nord-américain.

Pour mieux faire face, la FFBB a lancé une cellule de suivi dédiée aux expatriés en NCAA, confiée à François Peronnet pour le secteur masculin et Arnaud Guppillotte pour le secteur féminin. Leurs missions consistent à identifier les joueurs et joueuses français présents aux États-Unis, évaluer leur évolution et maintenir des contacts réguliers avec eux ainsi qu’avec leurs universités. Cette surveillance passe aussi par des déplacements réguliers outre-Atlantique afin de rencontrer les sportifs, leurs coaches et le staff universitaire, et surveiller leur progression ainsi que les méthodes d’entraînement sur place. Par exemple, en octobre et novembre 2026, François Peronnet et Arnaud Guppillotte effectuent chacun une tournée de plusieurs semaines pour rencontrer respectivement une vingtaine de joueurs et une quinzaine de joueuses prioritaires.

Ce suivi a pour objectif d’anticiper l’intégration des jeunes dans les équipes de France, aussi bien dans les sélections classiques (5×5) que dans la discipline du 3×3. La cartographie des talents à l’étranger permet ainsi de ne pas perdre de vue des profils susceptibles d’intégrer le haut niveau, même s’ils évoluent loin de l’Hexagone. Un autre axe étudié est l’organisation d’un rassemblement spécifique, à l’image de l’exemple espagnol, permettant de réunir les joueurs et joueuses NCAA au printemps pour maintenir un lien sportif fort avec la fédération.

Parallèlement, la LNB s’oriente sur une approche plus institutionnelle et économique. Un bureau de liaison a été mis en place, animé par Jérémy Meynard avec l’appui d’Emian Wheeler aux États-Unis, afin de faire le lien entre les clubs français et les universités américaines. Ce dispositif offre un accompagnement lors des procédures de recrutement, vérifie la situation réglementaire des joueurs et favorise les échanges d’informations entre les partenaires concernés.

Un point crucial reste la question des indemnités pour les clubs français ayant formé ces jeunes talents. Actuellement, aucun mécanisme systématique ne permet la compensation des investissements consentis par les clubs lors du départ de leurs éléments vers la NCAA. La LNB envisage donc la création d’un système de compensation financière, potentiellement sous forme de clauses de sortie ou de « buy-out », dont la charge incomberait idéalement aux universités plutôt qu’aux joueurs eux-mêmes. Néanmoins, plusieurs obstacles juridiques et institutionnels demeurent, en raison de différences entre les systèmes français, européens et la NCAA qui ne dépend pas de la FIBA.

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